Partie 2 · 1858 – 1861

La préparation secrète et l’annexion de la Savoie

Partie 2 — 1858‑1861 : la préparation secrète et l’annexion de la Savoie

Le Statuto Albertino venait de sceller, en 1848, un pacte de représentation nationale entre la Couronne et son peuple. Dix ans plus tard, ce pacte va être mis à l’épreuve par un jeu diplomatique conduit dans le plus grand secret, en marge des institutions sardes elles-mêmes. D’une entrevue confidentielle dans les Vosges à l’installation d’un préfet français à Chambéry, cette partie reconstitue, texte par texte, la chronologie exacte de la cession de la Savoie et de Nice — et l’écart, à chaque étape, entre ce que les textes publics annoncent et ce que les textes secrets ont déjà décidé.

Ce constat ouvre un second registre d’analyse, distinct du registre historico‑juridique, consacré à la nature et à la valeur exacte de ce patrimoine.

De l’entrevue de Plombières à l’installation du préfet français à Chambéry, moins de deux ans se sont écoulés — le temps, pour deux chefs d’État, de décider en secret ce que les textes publics présenteront ensuite comme le fruit d’un libre choix populaire. Restait à savoir si les garanties obtenues par la Savoie au moment de son rattachement — neutralité, statut douanier, protection des institutions locales — allaient être respectées dans la durée.